Ce petit village pousse à la paresse…et nous donne envie de passer nos journées à faire la sieste sur la plage.
Mais impossible, il ne nous reste plus qu’un mois de voyage et de découverte, et il n’y a pas une minute à perdre.
Il faut que nous trouvions une solution pour passer la frontière, afin de nous rendre en Equateur. Le plus facile pour s’y rendre, était de prendre un bus international, direct, Lima – Guayaquil (Equateur). Mais comme, je voulais voir les « Caballitos en Totora » de Huanchaco, et bien, il va nous falloir trouver des infos sur les moyens de transport, qui restent vagues dans le guide et inquiétants sur internet…
Nous avons décidé d’aller dans la ville de Trujillo pour nous renseigner aux stations de bus.
Nous avons pris un collectivo pour nous y rendre.
Ils existent deux sortent de collectivo, la première sorte (premier pris), sont de véritables épaves en taule, faisant un boucan du tonnerre, et qui de plus sentent fort le poisson à l’intérieur. Le chauffeur actionne une sonnette (qui fait mal aux oreilles), à chaque fois qu’il voit des gens marchaient pour les prévenir du bus. Le levier de vitesse et le frein à main se trouve à l’arrière du chauffeur, c’est assez marrant à voir. (Voir photo).
Ils nous ont déposé, je ne sais où, et nous avons trouvé une autre correspondance pour le district des bus. La correspondance, fait partie de la deuxième sorte de collectivo. Ils sont si petits, que cyril ne rentre pas ses jambes, assit, si bien qu’il lui faut deux sièges. Même moi, mes genoux sont collés au dossier de devant…
Nous arrivons dans la rue des bus. Résultat des courses, 1er compagnie ne fait pas ce trajet, la 2éme ne prend pas de réservation et il faut venir dans l’après – midi du départ prévu la nuit et la 3éme est louche…
Quant à la 4éme, il nous faudra marcher une demie - heure, pour apprendre qu’elle ne fait pas ce trajet. Dernière chance avec une cinquième, dont nous n’avons jamais entendu parler. Après avoir de nouveau marché 30 minutes, et traverser toute la ville de Trujillo, nous arrivons à la compagnie El Dorado, où il y a écrit en grand, en haut de l’immeuble, Guayaquil.
Au guichet, ils ne proposent que des billets pour Tumbes (frontière côté Péruvien), et n’ont aucun renseignement sur une correspondance ou de bus direct pour Guayaquil. Pour conclure, nous avions raison, il n’y a que des bus directs à Lima.
Nous achetons nos billets pour la nuit du 21, et achetons un billet supplémentaire pour nos sacs, (pour ne pas les mettre en soute), car nous nous approchons sérieusement des villes où il y a beaucoup de vol.
La frontière Tumbes – Huaquillas a très mauvaise réputation, c’est une plaque tournante pour la drogue, les faux Dollars US (monnaie aussi en Equateur), les faux douaniers ou policiers… Bref, je ne suis pas du tout stressée sur tout ce que j’en lis et entends.
C’est pour cela que les gens partent de Lima, pour ne pas avoir à changer de bus à cette frontière, les formalités de visa étant facilitées par les agences.
Nous arriverons donc le 22 vers 7h du matin, après 10h de bus, dans la ville de Tumbes, où nous croisons les doigts pour trouver une correspondance peu de temps après car nous ne voulons pas dormir dans cette ville coupe gorge…
Après les billets, nous reprenons un collectivo, pas ceux qui sentent le poisson avec le levier à l’arrière, mais ceux qui sont pour les lilliputiens, à la seule condition, que Cyril puisse monter devant à côté du chauffeur pour ses jambes.
Aujourd’hui, nous sommes partis découvrir les ruines de Chan Chan. Nous avons pris à nouveau un collectivo, puis nous avons marché 2km avant d’arriver aux ruines.
Ce site se trouve dans la vallée « Moche », à 5km de Trujillo. Cette cité et capitale de l’empire Chimu, a été construite vers 1300, couvrant 20km2. Elle est la plus grande ville Préhispanique des Amériques, capitale religieuse et administrative du peuple Chimù, avant la conquête des Incas. C’est aussi la plus vaste cité en adobe de la planète.
Ce site fut déclaré Patrimoine culturel de l’humanité par l’Unesco en 1986.
A l’apogée de la l’empire Chimù, on estime qu’elle comptait 100000 habitants et renfermait quantité d’or, d’argent, de poteries.
La période Chimù dura de 850 à 1470 environ. Ils construisirent une immense capitale du nom de Chan Chan (Sol sol). Une société fortement structurée permit l’édification et l’entretien d’une cité de cette taille. Les bâtiments s’ornaient de frises, aux motifs moulés dans l’adobe des murs, et des métaux précieux recouvraient les endroits importants (avant le pillage des Espagnols).
Des coffres conservaient la nourriture et les produits en provenance de tout l’empire, qui allait jusqu’au golfe de Guayaquil (sud de l’Equateur).
Les Chimù furent conquis par les Incas en 1471, mais la cité ne fut pas pillée avant l’arrivée des Espagnols, les Incas préférant le pouvoir à la richesse.
En réalité, il ne reste plus que de Chan Chan, des murs en terre et quelques moulures, c’est surtout l’étendu du site qui impressionne lorsque nous y arrivons.
Nous avons commencé par l’enclos de Tshudi, où l’on entre par un rempart de 4m d’épaisseur. Nous arrivons dans la cour de cérémonie qui est incroyablement vaste. Les quatres murs s’ornent de motifs (des loutres, des formes géométriques et des lignes horizontales étant le symbole des vagues).
Les plus hauts murs qui nous entourent mesurent plus de 10 mètres.
En sortant, nous pouvons voir le mur extérieur de la cour, qui est entièrement recouvert de frises, avec des poissons, le symbole des vagues et des pélicans, en bas des murs.
Nous arrivons ensuite dans un labyrinthe, connu sous le nom de salles d’audiences.
Il y a de nombreux motifs en forme de losange et de carré, représentant de simples filets de pêche. Du fait de la proximité de l’océan, le poisson constitué la base de l’alimentation des Chimù.
Autre symbole, celui de la lune, représentait sous sa forme pleine. A la différence des Incas qui vénéraient le soleil et la terre, les Chimù accordaient une importance religieuse à la lune et à la mer.
Le peuple Chimù pense que l’humanité est l’origine de la divinité REM (dieu de la lune) et HUIS (la terre). Rem aurait envoyé un liquide fertilisant sur Nii (la mer), à travers 4 étoiles, entre les îles, et que cela aurait créé la race humaine, qui serait arrivait ensuite de la mer sur terre. Les quatres étoiles sont aussi, pour les Chimù, à l’origine de la différence des classes sociales. Deux étoiles majeures représentant les nobles et les deux étoiles mineures, les gens « communs ».
Après les salles d’audiences, nous sommes arrivés près d’un grand puit, de forme rectangulaire, entouré de terrasse (probablement construite pour des fonctions religieuses). Ce puit a été mis en place pour les cérémonies dédiées aux cultes de l’eau et de la fertilité.
Nous avons terminé notre visite au mausolée, qui abritait la dépouille du senior Chimù. C’est l’endroit le plus important et le plus sacré du palais.
La tombe était placée au centre de cette plateforme funéraire, entourée de 44 tombes secondaires, où étaient placées les concubines, les officiels, plusieurs de ses sujets sacrifiés et tous les biens appartenant au roi, pour sa prochaine vie. A gauche du tombeau, une pyramide a été découverte avec dedans les corps de dizaines de jeunes femmes.
Nous avons terminé notre vendredi matin culturel au musée, avant de rentrer à Huanchaco, pour passer l’après – midi sur la plage à lire le guide sur l’Equateur, afin de préparer notre itinéraire. Vers 16h, nous avons à nouveau observé les enfants et leurs pères, préparer les appâts et les filets, afin d’aller les déposer au couché du soleil, surfant avec les caballitos sur les vagues.
Les vagues, tant attendues par les surfeurs depuis que nous sommes arrivés, qui ont la main collée sur le front, le regard pointé à l’horizon….
Le soleil s’est couché sous un ciel gris, après avoir eu un peu de soleil cette après – midi. Espérons que demain, nous puissions voir le couché du soleil pour notre dernière journée.
Le prochain carnet sentira bon le pays de mon arrière grand – père Senor Papyto, et je l’écrirai en mangeant des bananes et du chocolat de la terre Equatorienne, sous le soleil de Guayaquil, abrité d’un Panama !
PS : les photos de Huanchaco (2 eme partie) et les photos de Chan chan sont en lignes.
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