Nous avons passé ces deux dernières journées à flâner, à traîner de café en café, à discuter avec les uns les autres… C’était très agréable et très enrichissant.
Nous formons, depuis notre rencontre avec Aitor (l’espagnol) , les trois mousquetaires. Nous traînons et prenons tous nos repas avec lui. Puis au fur et à mesure, nous avons rencontré d’autre personne, ça va et ça vient d’une table à l’autre…si bien que de thé en thé et de café en café, on ne voit pas les journée passées. Je dois dire que cela nous fait du bien et nous change un peu. Cela nous aide, à terminer d’une façon inattendue mais certes très agréable, notre séjour en Inde. Nous avons rencontré un Mexicain et un Argentin, ces deux derniers jours, et ce soir nous avons décidé d’aller fêter notre dernière soirée à Bodhgaya avec eux devant quelques bières. (notre première bière en Inde, il faut dire que l’alcool est peu répandu dans les restaurants, et assez cher, il faut en général commander un « special tea » pour obtenir une petite mousse !)
Nous avons passé une excellente soirée, sans doute une des meilleurs depuis notre départ, ou depuis le couple Belge rencontré en Birmanie.
Le Mexicain parle énormément, pour deux même, si bien que nous nous sommes demandés pendant 24h qu’elle pouvait bien être la nationalité de son acolyte. L’Argentain, quant à lui, avait une tête extraordinaire (et je regrette de ne pas avoir pris de photo de la folle équipe que nous faisions). Il avait une coupe de cheveux terrible, une barbichette taillée en pointe et une fille moustache presque à la Dali…Il ressemblait vraiment à Don Quichotte... Ils formaient une paire vraiment trop marrante. Le Mexicain, était très intéressant, parlait sa langue, anglais et français couramment. C’était impressionnant. D’autre part, il avait déjà parcouru presque la terre entière, et voyage pour 7 ans… Il a une culture incroyable, et beaucoup d’humour.
Nous nous sommes échangés les bons plans des différents pays, ils nous ont donné des tuyaux pour l’Amérique du sud et des adresses pour le Népal.
Bref, cette soirée nous a remis en forme. Évidemment, chacun, d’entre nous avons trouvé une porte close et une grille, vers 22H30 à notre arrivée à nos guest house respectives…
Nous avons frappé 5 min, puis ils nous ont ouvert, quant à Aitor, il a dû attendre 20min avant qu’ils ne lui ouvrent. Nous ne saurons sans doute jamais si les Sud Américains, ont pu rentrer dans leur chambre, car ils dorment au Monastère Bhoutanais, bien plus stricte que les guest house sur les horaires du soir et, ils leur avaient bien précisé, surtout pas à après 22h.
Ce matin, nous devons décoller avec le taxi à 9h pour Bénares. Nous nous sommes donnés rendez - vous au resto du petit déj habituel. En plus d’Aitor, nous avons trouvé une Québécoise, avec qui nous allons partager le taxi.
Nous partons avec un peu de retard car comme à chaque fois en Inde, le chauffeur fait le plein de l’essence après nous avoir pris. C’est une drôle de voiture (voir photo), pas super confort, mais spacieuse avec un grand coffre. Elle a quelque chose des voitures cubaines.
Le trajet s’est plutôt bien déroulé, mais nous avons mis 2h de plus que prévu, pour trois raisons.
Tout d’abord, l’état des routes Indiennes, puis les déviations à cause des travaux et ensuite, un chauffeur qui ne connaissait pas du tout Benares. Bien entendu, nous avons encore croisé de nombreux camions qui venaient de se retourner et de nombreux accrochages.
Les trois autres, pendant que je dormais, ont vu un homme mort, au milieu des déchets, au bord de la route (rien à voir avec les accidents, c’était au milieu de nul part.
Nous traversons la pleine campagne Indienne, où les crottes de buffles sèchent sur le mur des maisons pour pouvoir servir ensuite de combustibles. Il faut savoir que l’état Indien du Bihar, est un des états les plus pauvres d’Inde. C’est un Américain, rencontré à Bodhgaya, et qui travaille à l’ambassade Américaine à New Delhi à l’aide au Développement, qui nous l’a appris. Cela est dû à un taux élevé de corruption, qui empêche l’aide d’arriver.
Nous devions arriver avant 15h, car la guest house ne maintient plus nos résa après ce créneau horaire. Il est 3h30, et notre chauffeur est complètement perdu dans la périphérie puis dans le centre ville de Benares. Il essaye à trois de nous arrêter n’importe où, prétextant qu’il ne peut pas rentrer dans la veille ville en voiture. Il est si nerveux et perdu, qu’il s’est pris un cyclo pousse en pilant, et l’a explosé… Il s’est même pas arrêté, et le cyclo - pousse était hors d’usage, d’après ce que nous avons vu de nos fenêtres… D’ailleurs, lorsqu’il nous a arrêté par la suite, le devant de sa voiture avait aussi pris un bon choc…
Il nous a laissé au milieu de cette grande ville inconnue, de la foule qui grouille encore bien plus qu’ailleurs, ne voulant pas allez plus loin… Toutes les sortes de rickshaws, d’auto rickshaw, de cyclopousse, de rabatteurs se sont jetés sur nous tel des vautours…
Nous avons préféré marché, vers l’inconnu au départ, car nous ne savions même pas où nous étions. Les rues sont incroyables, bondées de monde dans cette ville, et marcher est un enfer et relève du défi. C’est impossible à décrire. J’ai trouvé un téléphone pour contacter la guest house, pour leur confirmer à nouveau notre venu, et aussi pour savoir s’ils n’avaient pas encore donné nos chambres vu l’heure. Ok, elles sont toujours dispo mais jusqu’à 17h pas plus. Cartes en main, nous voilà bien vaillants tous les quatres. L’un chasse les rabatteurs, l’autre regarde la carte, le 3éme se renseigne, le 4éme, fait la circulation et fait preuve d’autorité pour que l’on puisse faire trois pas sans se faire rouler dessus…
Il faut le vivre pour le croire. Enfin, nous approchons des Ghats, et normalement de notre hôtel. Il y a beaucoup de marches, et avec le poids de nos sacs et juste avec un pancake mangé au petit déj’ dans le ventre, je ne suis plus très en forme pour l’ascension. Je suis épuisée à notre arrivée, il est 16h45…
Les chambres d’hôtel ont une bonne vue, la notre, meilleure marché, est vraiment pas très accueillante. C’est un peu exigu, sans lavabo, avec des murs crasseux et surtout, je viens de le voir, le matelas est une planche en bois…
Caroline la Québécoise et Aitor ont pris des chambres avec balcons, et la vue est superbe. Nous sommes les bienvenues, et c’est très agréable.
Benares est un véritable choc, mais dans le bon sens du terme. Je crois que cet endroit vous met une claque. C’est dur, mais à la fois, à voir. C’est encore très différent du reste de l’Inde.
En plus, notre hôtel (sans le savoir), se trouve près des Ghat à crémation. Et en cherchant notre chemin, nous sommes tombés sur une cérémonie. Après un demi-tour, et la tête encore en vrac, vous êtes un peu confus dans vos idées, que vous vous retrouvez nez à nez avec un Sadhu, grande barbe, chignon ou dread locks, tout nu, et recouvert de cendres… C’est ainsi Bénares, beaucoup de cendres, de fumer, d’encens, de saletés, mais aussi de belles couleurs et son fameux Ganges. Notre fenêtre de chambre donne dessus. Il a l’air si paisible…
Se retrouver ici, vous met une drôle d’impression, pour ma part, me connaissant, je pensais que j’allais souffrir de la foule et de la saleté de cette ville. C’est marrant, mais dans cette partie de la ville (les ghat et la vieille ville), et bien pour une première soirée, j’apprécie l’atmosphère qu’il y règne et aussi la chance que j’ai d’être ici. C’est très étrange.
Il faut monter beaucoup de marches partout, et traverser des petites ruelles sombres et très sales pour se rendre d’un endroit à un autre.
Nous avons trouvé un bon petit resto, où Aitor, nous a invité pour dîner.
Nous avons fini la soirée sur l’un des deux balcons à contempler le Gange.
Pour la petite leçon habituelle, Varanasi ou Benares, se trouve dans l’état de l’Uttar Pradesh Est, et compte 1 211 749 habitants. Varanasi, la cité de Shiva, est l’une des villes les plus saintes de l’Inde. Les pèlerins Hindous viennent y laver leurs péchés dans le Gange, voir y mourir afin d’atteindre le Moksha, l’interruption du cycle des réincarnations. Autrefois appelée Kashi, cité de la Vie et Benares, Varanasi constitue le cœur de l’univers Hindou, un lieu de passage entre le monde physique et spirituel. Le Gange, fleuve du salut au flux permanent, est un symbole éternel d’espoir pour les générations passées, présentes et futures.
Cette ville magique, parfois oppressante, voit se côtoyer sur ces célèbres Ghats, les rites les plus intimes de la vie et de la mort. Varanasi est un centre d’enseignement et de civilisation depuis plus de 2000 ans et compte parmi les plus anciennes cités du monde. Son histoire remonte à 1400avJ.C, mais la ville prit de l’importance ers le 8éme s., lorsque Shankaracharya, un réformateur de l’Hindouisme fit du culte de Shiva, la principale secte Hindoue. Les Afghans détruisirent Varanasi vers 1300 après avoirs saccagés Sarnath, puis l’empereur Moghol Aurangzeb surpassant ces prédécesseurs, pilla et rasa pratiquement tous les temples. Malgré l’aspect antique de la veille ville, peu de bâtiments datent de plus de 2 siècles.
A suivre…
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