Baba’s not cool

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Inde - Varanasi (Benares)
de priscilla, le 11-02-2007

Baba’s not cool

Hello my friend do you want a boat ?
Voilà ce que nous entendons 20 fois par jour ici…
Tout d’abord, pour vous donner nos impressions sur ces deux premières journées, nous pourrions résumer Varanasi en 4 mots, Gange, labyrinthe, crottes de vache et fumé.
En fait, varanasi, est la ville qui représente pour ma part l’inde que je m’imaginais.
Pas forcément dans son architecture mais plus pour son ambiance, sa population, sa musique, ses rues et aussi pour ses touristes (complètement différents des touristes croisés au Rajasthan ou vers Darjeeling). Ici, il y a plus de personnes roots, un peu perchées de temps à autre, pour certains perdu dans les drogues et les paroles des Sadhu, mais pour la majorité avec le sourire et une envie de discuter.
Ici, il est agréable de prendre son temps, allongé dans un petit resto, par exemple le soir éclairé à la bougie, avec une nourriture plus variée, bonne, un très bon café et un joueur de cithare accompagné d’un joueur de percussion…
Nous flânons ainsi, aussi parce que le climat ne nous permet pas vraiment d’être dehors.
Nous sommes arrivés vendredi soir, samedi matin, avant de se lancer dans les rues chaotiques, minuscules et sales de Varanasi, nous avons préféré prendre notre petit déj à la guest house…
Oh my god ! comme s’écrit souvent Aitor (l’Espagnol) en Inde… Le café a le goût de soupe, le thé est imbuvable, tellement il est fort. La cuisinière qui se trompe sur les commandes, n’admet pas les erreurs auprès des clients et, va sortir de sa cuisine, en colère, la passoire à la main. Quant au serveur, il s’appelle Baba, et n’est pas « cool », il ressemble au serviteur de la famille Adam’s, et vous jette les plats sur la table.
Aitor a attendu une heure (sans exagérer, on a chronomètré), un pancake à la banane. A chaque fois que l’on demandait à Baba, « The pancake », il hochait la tête, en répondant : - « it’s coming », d’un ton agressif. Au bout d’une heure, et lorsque Aitor lui a redemandé, baba lui a dit : - « Pancake coconut chocolate », Aitor, avec son calme habituel lui a répondu : -« no banana », et Baba lui a répondu « we don’t have banana » d’un air naturel… C’était trop marrant, c’est vrai les Indiens ne savent pas dire non, et ce n’est qu’au bout d’une heure qu’il lui a dit qu’il n’avait pas ce qu’il voulait…
Moralité, en Inde il faut garder son calme et surtout ne pas être pressé, et c’est comme ça pour tout.
Par conséquent et vu notre 2éme expérience de ce matin car il pleuvait des cordes, demain, nous préférerons les cordes et la gadoue de crottes de bon matin afin d’aller dans notre resto préféré, plutôt que Baba et sa soupe sans caféine ou à la grimace.
Ainsi hier, samedi, après ce petit déj’ qui met en forme, nous sommes partis faire un tour dans les petites rues. Il est impossible de ne pas se perdre. Pas une seule fois nous avons pris le même chemin pour arriver à nos objectifs et pas une seule fois nous avons trouvé sans nous perdre. Vous ne pouvez pas imaginer la saleté des rues ici, toutes les villes d’Inde faites jusqu’à présent, à côté de Varanasi, font presque propre… C’est épouvantable, il y a tellement de vaches (bien plus qu’ailleurs) et de biquettes dans les rues, en plus des chiens, que les chemins que vous prenez, sont recouverts de crottes mélangées au déchets ménager et alimentaire ajoutés aux odeurs d’urine et de crémation… … Ah !!! les odeurs de Benares, tout un poème, attention, nez sensibles s’abstenir. Je prends sur moi, et l’inde, c’est ça, vous vous surprenez chaque jour sur vos facultés d’adaptation.
Bref, par chance, nous sommes tombés sur une vitrine pleine de pâtisseries, en levant la tête, nous avons lu « German Bakery », autant vous dire que s’est devenu notre QG.
Après avoir regardé, le menu, et à notre grande surprise, nous avons vu 10 sortes de fromages proposés…
La question ne s’est même pas posée à tous les trois, nous avons pris place et avons commandé deux fromages différents et du bon pain frais. C’était si bon… Cela fait depuis notre départ mi novembre que nous n’avons pas mangé de fromage… (et en tant que bon Français, ça nous manque).
Après cet encas de Maharadja, nous sommes partis marcher le long des Ghats qui longent le Gange. Le ciel est voilé, et le paysage est dans la brume, mais c’est tout de même superbe. Nous avons bien marché 2H, voulant aller jusqu’au bout vers le sud. Nous logeons aussi près d’un Ghat, mais complètement à la fin, au nord.
Pour vous décrire les Ghats, il faut commencer pas les pèlerins, qui viennent en groupe avec leurs petites valises de toute l’Inde, se déshabillent, jettent des fleurs, et vont se baigner dans cette eau opaque pleine de déchets.
Ensuite, vous avez, les sâdhus (la plus part sont tout nus, recouverts de cendres et pour d’autres enroulés dans un tissu orange ou safran, longues barbes, coiffés de dreads ou de chignon), installés dans des tentes ouvertes, allongés, ou en pleine discussion philosophique en groupe devant une pipe à eau.. Bon nombre d’étrangers les rejoignent sous la tente. Vous arrivez tout de même à voir qu’il y a de vrai sadhu mais aussi beaucoup d’entre eux qui sont plus des gourous et qui embobinent complètement les jeunes touristes…
Puis vous avez ceux qui lavent les habits aussi dans l’eau du Gange, et qui posent le linge à même le sol, où tout le monde passe et marche, sur ce sol crasseux de crottes et de détritus voir même avec du sable. C’est tout de même étrange, déjà de laver le linge dans une eau plus que sale, puis de le faire sécher par terre au milieu des passant, du sable et des saletés…
Le matin et le soir, il y a toutes sortes de cérémonies, d’hommages rendus au Gange. Avec de la musique, des bougies, des fleurs, des fidèles qui chantent, tapent dans les mains, ou encore qui sautille en tournant sur eux même…
Vous avez aussi les petits vendeurs de fleurs avec bougie, où pour 5 roupies, vous pouvez améliorer votre Karma et ceux de votre famille, en jetant une coupelle de ces fleurs dans le Gange…
Puis tous les jours et toute la journée, il y a les crémations, avec ces énormes bûchers, les chants, et les corps qu’ils brûlent les uns après les autres, pour ensuite jeter les cendres dans le même Gange, où les gens lavent leur linge, se brossent les dents ou font leur toilette du soir et du matin. Etrange civilisation quant même !
Il est très agréable de marcher le long des Ghats, et d’observer ces scènes de vies, toute cette animation. Bien plus plaisant que de marcher dans les petites rues puantes et ces interminables escaliers, aux marches démesurées…
Après cela, nous nous sommes perdus dans des plus grandes rues, où entre les bruits des klaxons des rickshaws, les glinglings des cyclo en tout genre, les pèlerins en file Indienne qui hurlent des prières en marchant avec un tambour, les femmes qui jacassent super fort, les vaches sacrées, les crottes à éviter, les gens qui vous poussent et les trous dans les rues… Un vrai sport, endurance et combat en même temps. Amateurs de sensations fortes et tordues, un petit conseil, essayez les rues de varanasi…
Après 20 minutes de galère, c’est comme ci nous venions de passer une journée en tant que vendeur à la Fnac la veille de noël question fatigue. Nous étions complètement abrutis, nous sommes retournés nous affaler sur les banquettes devant un bon café – croissant… (ca aussi les vrais croissants, ça nous manquait !)
Après cela nous avons dîné sur place, car il s’est mis à pleuvoir. Je ne vous explique même pas la tête des rues avec la pluie. Une patinoire de « caca » (je suis désolée si nos textes sont un peu pipi caca, mais c’est ainsi ici, et je décris ce que l’on voit ce que l’on vit…).
En Europe, dès que vous marchez dans la crotte, (et cela reste rare), vous jurez une bonne fois, puis en nettoyant dans une flaque, vous vous rassurez comme vous pouvez, avec la fameuse phrase, ça porte chance… Mais ici, c’est différent, vous ne faite que ça, marcher dans la crotte, c’est impossible autrement. Il est plus rare de ne pas marcher dedans que l’inverse. Surtout, lorsque nous sommes rentrés sous la pluie, de nuit, sans lumière, juste la torche d’aitor, nous concentrant pour ne pas glisser à chaque pas.
Et la flaque dans laquelle vous trempez votre pied en Europe pour nettoyer votre chaussure souillée, ici ce n’est même pas la peine d’y penser, votre chaussure pourrait se désagréger…Comme dans de l’acide…
Aujourd’hui on en rigole, mais hier soir, on ne rigolait pas du tout, il fallait avoir ces chaussures bien attachées, sinon, en levant un pied pour faire un pas, votre chaussure pouvait rester coller au sol. Évidemment, le noir des rues, la pluie n’aidant pas, nous sommes perdus. Et marcher dans le vieux Benares de nuit n’est pas recommandé et encore moins vers 22H. Nous n’étions pas fiers dans les rues sans électricité. Nous sommes arrivés à la Guest house, guidés par des enfants. Pour vous dire la galère, nous avons dû nettoyer nos pantalons en arrivant, qui était recouvert de tout et de n’importe quoi, j’ai même dû laver mes chaussures et mes lacets…
Vu la météo, je crois que la pluie va rester jusqu’à notre départ. Je pense que Varanasi, comme Delhi, Bombay ou Calcutta, fait partie de ces villes qu’il vaut mieux éviter pendant la pluie.
Notre chambre est super humide, les draps sont sales et vu l’odeur, ont dû être lavés pour sûr dans le Gange. Ce qui n’arrange pas mon allergie qui a commencé à Bodhgaya…
Mais bon, nous faisons avec. Il a plu des averses toute la nuit en plus de l’orage et du tonnerre.
Et ce matin, les rues sont encore pires, il n’y a pas d’égouts…je n’ai pas besoin de vous décrire la situation, je pense.
Nous décidons de relever nos pantalons (comme des shorts), le poncho anti - pluie en place, et c’est reparti pour une traversé de folie, car notre guest house se trouve à 20 min du centre d’activité, si on ne se perd pas. C’est immonde de marcher là-dedans, mais sur le chemin, nous gardons notre sens de l’humour et tout se passe pour le mieux.
Nous avons pour ainsi dire passé la journée dans le café resto, que pouvons nous faire avec un temps pareil. Nous avons profité de la fin d’une averse pour faire la fin nord des ghats à pied, et avons eu le temps d’assister à une cérémonie. Nous sommes allés dîner à l’heure du petit concert de cithare que nous aimons tant.
Bien entendu, à notre sorti vers 21h30, nous nous sommes mis à fredonner le fameux tube de Supertramp «It’s raining again » et le chemin a été « as usual », galère, avec le tonnerre en plus, ce qui nous éclairait un peu le sol. Malgré les averses, cela n’empêche pas les crémations d’avoir lieu.
J’espère qu’avant notre départ, nous aurons une demie - journée de répit de pluie, au moins 1h, pour un tour de barque sur le Gange. En tout cas, pour le moment c’est mal parti…
Nous sommes desoles mais nous n avons pas assez d electricite et trop d humidite, pour charger l ordinateur et passer nos photos, nous essaierons de les mettre en ligne demain.
A plus








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