Après que nous ayons eu beaucoup de mal à nous lever ce matin, nous avons été visiter la place San Sebastiàn, avec son église qui fait un angle. Autrefois, cette place faisait partie du centre historique. L’église San Sebastiàn est l’une des plus anciennes de la ville. En 1739, le Français Jean Seniergues, membre de l’expédition géodésique de La Condamine, fut assassiné sur cette place au cours d’une fête, apparemment à cause d’un flirt avec une Cuencana.
Nous sommes ensuite allés voir le marché artisanal à l’autre bout de la ville, qui en réalité n’a rien de très artisanal, encore une fois, merci le lonely planet.
C’est un marché quelconque, vendant des babioles, des paniers, de la ferraille et des pots en terre cuite. Puis il y a des stands de vêtements bon marché, des cages avec des lapins, cochon d’indes et poulets et pour finir quelques étales de fruits et légumes.
Nous avons pris le chemin de la gare routière, qui est, comme toute gare routière, excentrée. Après une longue marche au milieu des voies rapides, nous arrivons pour nous renseigner pour le bus du lendemain, allant à Quito. La compagnie que nous souhaitions, ne se trouve pas dans la gare, mais dans une autre rue à 10 min de marche. Nous y allons et l’on apprend qu’il n’y a pas de bus de jour, et qu’il faut retourner à la gare routière. Retour en arrière, on trouve deux compagnies, une qui n’a qu’un bus le lendemain à 6H40, et l’autre à 8h.
Nous achetons nos places pour le bus de 8h, car nous ne voulons pas prendre de risque avec un bus de nuit, surtout que nous avons tous sacs, même si cela nous aurait permis d’économiser une nuit et de ne pas perdre une journée.
Nous repartons pour trouver une boutique et fabrique de panama du nom de « Homero Ortega P et Hijos », qui est ouverte depuis 120 ans. Ce chapelier est le plus connu du pays, et exporte des panamas dans le monde entier.
La visite de la fabrique était très intéressante, et plus complète qu’au musée, car nous pouvions voir la réalisation en direct. Celui que j’ai acheté pour ma mère venait d’être fabriqué.
Pour compléter les explications du dernier carnet sur le panama, voici quelques infos supplémentaires.
Pour un chapeau de qualité standard, il faut sept Cojollo, c’est un « fagot » de plusieurs tiges de paille. Il faut 17 tiges, pour faire le haut, centre et base du chapeau. Ils en fabriquent 10 à 12 par semaine. Pour un superfino, ils en fabriquent un à deux par mois, car il faut séparer chaque tige, en tige encore plus fine avec un couteau.
Les petits fagots de Cojollo de toquilla viennent de la côte, dans un petit village non loin de Guayaquil. Ils tressent les chapeaux et afin que la tige de paille soit plus souple et ne casse pas pendant le tressage, ils la mouille.
Une fois que le chapeau est tissé, il arrive à la manufacture où il faut le laver avant, avec de l’eau et du savon (soit pour le teindre soit pour le blanchir). Pour le teindre, il faut le mettre dans un bassin d’eau bouillante avec la couleur chimique, pendant 20 min, et remuer sans cesse pour répartir la couleur uniformément. Pour les blanchir, il faut les mettre dans un bassin d’eau à 6° pendant 15 jours, plié d’une certaine façon. Ils doivent être plié d’une autre façon tous les deux jours, afin d’avoir une couleur régulière. Ils sont ensuite séchés au soleil, pendant un peu près 4 jours.
Ensuite, les chapeaux repartent dans les villages afin, de tailler les rebords, et de façonner les bords du chapeau appelé Alas avec un fer à repasser. Ils mettent le chapeau sur une table qui a un trou et y passe le fer. Pour faire le rond du chapeau, ils ont aussi un moule, où ils passeront aussi le fer. (Vous verrez tout cela en photo, ce sera plus simple à comprendre).
Ensuite, les chapeaux reviennent à l’usine, et sont placés dans une machine qui dégage une chaleur de 120°, pendant 5s. à 1min, afin de donner la forme particulière du panama.
Et voilà, le chapeau est prêt…
Columbo (Peter Falk) a acheté son chapeau ici, Brad Pitt en portait dans le film « Et au milieu coule une rivière » et Harisson Ford dans Indian Johns…
Du coup, j’ai une énorme boite afin que le chapeau ne s’abîme pas, ce qui est très pratique avec nos sacs dans les transports…
Nous sommes un peu dévisagé car nous n’avons pas l’allure des clients habituels, si bien, qu’ ils acceptent le paiement par carte des autres clients mais nous le refuse, n’ayant pas confiance. Heureusement que nous avions un peu de cash pour le chapeau de ma mère, car c’est à 45 minutes à pied de notre hôtel, et il est déjà 18h.
Le soir, nous n’avons pas pu fermer l’œil, cela fait trois nuits, les propriétaires étant des fêtards. Ils mettent la musique à fond et parlent fort, jusqu’à 3h du matin, tous les soirs. Nous sommes pourtant fatigués, avec ces deux journées de marche, de plus demain, nous devons nous lever à 6h30.
Dur dur le réveil, ce matin, nous trouvons un taxi pour nous rendre à la gare routière. Le bus est parti avec une demie - heure de retard.
Encore une fois, ce bus à des sièges durent comme du béton. Nous n’arrêtons pas de faire des stops, pour charger des paquets, des sacs d’épices, de poivrons, de patates, de poules, de linges et des passagers. (Je ne vous explique pas l’odeur de nos sacs ce soir).
Je ne suis pas très rassurée, car nos sacs sont en soute mais à l’arrière du bus, si bien qu’à chaque arrêt, cyril descend pour monter la garde.
La route est longue mais jolie. Le relief est vallonné, vert, il y a beaucoup d’agriculture. Il n’y a pour ainsi dire pas de villes, et à peine des villages, juste des maisons avec leurs terres agricoles dispersées dans la nature.
Il y a beaucoup de vaches, d’ânes et des gens entrain de travailler dans les champs. Vers l’heure du déjeuner, je ne me lasse pas d’observer les femmes et les enfants assis dans les champs entrain de déjeuner, avec leurs habits aux couleurs vives, allant du bleu turquoise au fushia, au milieu de l’herbe verte, ou des petits chapeaux, dépassant à peine des champs de maïs.
On dirait que le temps s’est arrêté. Les femmes lavent leurs linges dans la rivière, d’autres bêchent avec leur bébé sur le dos et des petites grands mères voûtées passent avec d’énormes fagots d’herbe sur le dos…
Nous avons eu deux films bidons, dont un Van damne, et nous avons essayé de dormir un peu chacun notre tour, (car nous sommes crevés), afin que l’autre surveille les sacs. Il faut avoir les yeux partout, sur ses petits sacs à ses pieds, à cause des coups de couteaux ou rasoirs qui peuvent les éventrer, et guetter, à chaque arrêt que nos sacs en soute, ne disparaissent pas.
D’ailleurs, après un arrêt, en repartant, une femme s’est mise à crier et à pourrir le chauffeur, lui demandant de s’arrêter immédiatement, car il avait donné les sacs de cette dame en plus des leurs, aux passagers qui venaient de descendre. (Et ils n’ont rien dit). Du coup, nous nous sommes arrêtés et le chauffeur est parti en courant avec la dame, récupérer ses affaires…
D’autre par, au début, lorsque nous avons chargé, 20 gros sacs de légumes et condiments, un petit vieux, s’est révolté et à dit qu’il dénoncerait la compagnie de bus au ministère, car ils n’ont pas le droit de charger ce type de marchandises, empochant au passage de l’argent pour eux.
Nous sommes tellement lourd, qu’en plus de ne pas avancer, (déjà en ligne droite, donc je ne vous explique pas en côte, nous avons l’impression, que nous allons repartir en arrière), nous sommes déséquilibrés, ce qui fait que le bus bouge de gauche à droite et penche dans les virages.
Surtout que la route, ne fait que monter, de virage en virage avec très peu de lignes droites.
Vers 15h30, nous apercevons au loin le célèbre Cotopaxi, au cône enneigé. Malgré un nuage sur un côté de son sommet, je trouve le spectacle superbe. Le volcan du Cotopaxi, 5897m., est le 2éme plus haut sommet du pays.
Après l’avoir longé pendant 30 min, il nous tarde d’arriver, et pourtant, il reste encore deux heures de bus. Nous n’en pouvons plus, nous avons trop mal au dos.
Enfin, nous commençons à voir Quito, lorsque nous arrivons dans sa banlieue, qui fait penser un peu à la Paz, de part, toutes les maisons colorés qui entourent les hauteurs.
Nous voilà à la gare routière, il est 17h30, après 9h de bus, au lieu du 10 à 12h que nous avions pu lire.
La gare est très mal faite, et nous mettons un quart d’heure avant de trouver la sortie et un taxi en ville. Nous avons préféré choisir un hôtel dans le vieux Quito ou aussi appelé Quito Coloniale, tout d’abord parce que c’est un peu moins dangereux que la nouvelle ville et aussi parce que cela est plus typique. Nous avons trouvé une bonne affaire, sûrement l’hôtel le moins cher que nous puissions trouver. Nous payons 8 $, soit un peu près 6€, pour une chambre certes vieillotte, mais propre et une salle de bain commune. Nous sommes de plus en plein centre du quartier colonial.
Pour le peu observé de Quito, je trouve les gens un peu moins olé olé que sur la côte, par contre, il y a plus de mendicité et un grand contraste, moins observé à Guayaquil ou à Cuenca, à savoir, qu’il y a des gens très chics et des gens très très pauvres, à l’extrême. Pour ma part, je me sens moins en sécurité ici qu’à Guayas ou à Cuenca.
Une chose géniale ici, c’est qu’il y a un trolley (un tramway), du coup, il y a beaucoup moins de pollution. Il y a aussi dans le vieux Quito des rues piétonnes.
Demain, dimanche, nous partons faire une promenade de 3h, qui permet de découvrir tout le vieux Quito. Nous avons choisi, le dimanche, car il n’y a pas de voitures ce jour – là dans le Quito Colonial.
La capitale Equatorienne, Quito, se trouve dans une vallée andine, avec tout autour des pics volcaniques. Inscrite au patrimoine mondiale de l’Unesco en 1978, son centre historique regorge d’architectures coloniales. Le centre historique a conserver son ambiance populaire et indigène. A 20 minutes de la vieille ville, se trouve le nouveau Quito, avec ses grands hôtels, ses tours et ses bâtiments administratifs sans charme, et un quartier en particulier, qui se nomme Mariscal Sucre. Ce quartier est un pôle d’attraction pour les voyageurs, aimant, les cafés branchés, les restaurants internationaux et les agences de voyages. D’ailleurs le quartier est appelé Gringolandia (terre des Gringos), du coup, c’est l’endroit de prédilection des pickpockets.
Voilà, pour ces deux dernières journées.
J’ai ajouté des dossiers photos, où vous pourrez nous voir dans les tenus de nos sponsors.
Les photos pour la banque Hsbc, se trouvent dans le dossier Vanuatu (le blog m’obligeant à mettre un nom de pays) et les photos pour le restaurant d’Hong Kong BO Innovation, se trouve dans le dossier Tuvalu
Les dernières photos de Cuenca et la route de Cuenca à Quito sont en ligne.
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