Amigo ! Amiga ! Digame tu precio…

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Equateur - Otavalo
de priscilla, le 11-08-2007

Amigo ! Amiga ! Digame tu precio…

Nous sommes arrivés à Otavalo en fin d’après-midi, après 2h30 de bus dès plus local…
Le chauffeur, avant de démarrer, a répété au moins 6 fois à tous les voyageurs, de ne surtout pas mettre ses sacs à ses pieds, et de les mettre sur nos genoux en les tenant, à cause des vols, et nous a pointé du doigt, avec deux autres touristes, en disant : - « surtout vous ».
Au moins, ils annoncent la couleur dès le départ.
La ville regorge de magasins et de plus, accueille tous les jours un marché artisanal et d’alimentation sur la place principale, sauf le samedi, où il devient le plus grand marché d’Amérique du sud.
L’hôtel que nous avons trouvé est très propre, avec une terrasse, et un coin cheminée, à 2min du marché.
Otavalo compte 31000 habitants et se trouve à 2500m d’altitude.
Cette ville était un carrefour andin dès l’époque préinca, lorsque les marchands venaient à pied de la jungle. Depuis, la ville perpétue cette tradition et son marché attire aujourd’hui, des visiteurs du monde entier.
La population se compose de descendants de colons, de métis et d’indigènes (appellation revendiquée par les intéressés qui considèrent le terme d’indien ou indio comme péjoratif).
La maîtrise du tissage et de différents artisanats, qui font la réputation de cette ville dans le monde entier, sont malheureusement à la base, le résultat d’une exploitation des colons, puis des propriétaires terriens Equatoriens. Les Otavalenos n’ont pu profiter de leur talent qu’après une réforme agraire en 1964.
Aujourd‘hui encore, de nombreux artisans ne tirent qu’un maigre revenu de leurs créations dans un système où seuls des intermédiaires peuvent commercialiser leurs produits.
Les Otavalenos représentent la communauté indigène la plus prospère du pays, ce que nous avons pu observer après avoir vu de gros 4X4, des belles maisons et des hôtels très bien tenus.
Le maire de la ville est d’ailleurs indigène.
Ce mélange de tradition et de réussite commerciale illustre plutôt l’ampleur de la discrimination dont sont victimes les autres populations indigènes d’Amérique latine.
Nous nous sommes levés à 6h30 (qui d’entre vous pensez que nous étions en vacances), pour être au marché à 7h15, lorsqu’il n’y a pas encore de touristes.
Les étales ne sont pas encore tous en place et pourtant le marché paraît déjà immense.
Il prend toute la place principale et toutes les rues perpendiculaires et parallèles, c’est gigantesque, et il y a de tout.
Les prix sont élevés par rapport aux autres villes d’équateur, sûrement parce que ce marché est devenu touristique, et qu’ils savent que vers 11h, des bus entiers de touristes vont arriver pour y passer une heure et qu’ils ne marchanderont pas.
De notre côté, nous avons l’avantage d’être là de bonne heure pour être le premier client, donc celui qui porte chance et à qui l’on fait un prix et deuxièmement, nous avons toute la journée pour nous renseigner sur les prix et marchander.
Nous avons fait de bonnes affaires, et avons acheté des choses qui ne vont que peser davantage dans nos sacs du retour, comme des hamacs (dont un, superbe avec des piranhas, déniché par Cyril), des nappes, et le clou des achats, (après le totem en Bolivie), une chaise hamac...
Très facile à transporter... Bref, nous serons content de l’avoir après.
Le marché se remplit au fur et à mesure, avec les stands d’artisanats, les vendeurs de légumes, les cantines, les chariots ambulants d’abats, de pomme de terre et de beignets frits, de maïs grillés et les vendeuses avec leurs sots de fraises ou de raisins….
Les vendeurs nous appellent vers leurs stands, avec un Amigo ou un Amiga, annoncent un prix exorbitant et ensuite nous demande de donner notre prix… C’est assez rigolo.
Les personnes que nous croisons portent toujours leurs vêtements traditionnels, chapeau de feutre, pantalon court en coton et poncho pour les hommes, qui nouent leurs longs cheveux en queue-de-cheval.
Pour les femmes, c’est un corsage blanc orné de dentelles, une longue jupe noire et un fachalina (foulard). Elles se parent aussi de colliers et de bracelets en perles rouges ou dorées et tressent leurs cheveux avec autour un ruban de couleur. Certaines d’entre elles placent un tissu plié de façon différente sur leur tête.
Parmi les objets que nous voyons le plus, citons, des tapisseries en laine, des couvertures, poncho, écharpe, bonnet, gants, gros pull à capuche en alpaga ou en laine.
Les femmes tricotent devant leur stand ce qu’elles vont vendre.
Il y aussi des stands de chapeaux, d’instrument de musique, dont des youkoulélés réalisés en carapace de tapir et des flûtes andines.
Tous ces stands côtoient les étales de bijoux, de chemisiers brodés, des hamacs, des tableaux, des poupées tricotées, des fausses têtes réduites, des sacs et nattes tissés…
Les articles en laine proviennent des villages des alentours.
Les tisserands commencent leur travaillent avant l’aube.
La laine est d’abord lavée, cardée, filée et teintée. Il y a 4000 ans, les ancêtres des Otavalenos utilisaient déjà les traditionnels métiers à sangle et entrelaçaient les fils pour dessiner les motifs.
Malheureusement, les métiers à tisser électriques sont de plus en plus utilisés, avec aussi, l’introduction de produits étrangers.
C’est pour cela, que nous retrouvons pour ainsi dire les mêmes produits à travers toute l’Amérique latine, et que cela ne donne plus envie d’acheter.
Otavalo a réagi face à cela et impose des contrôles strictes sur les produits vendus.
80% des produits vendus proviennent des environs.
Ce sont ces produits faits main, qu’il nous faut, nous touristes, mieux acheté, même si en général ils pèsent plus lourds.
Il est 8h à peine, que les gens sont déjà entrain de manger une soupe d’abats, avec du boudin chaud et du cochon grillé…
Il y a beaucoup de femmes âgées qui n’ont pas de chaussures et qui errent à travers le marché avec une gamelle pour faire l’aumône. Les commerçants donnent parfois quelques cents, mais donne surtout un fruit un peu abîmé, une poignée de fraise, un pain…
Des femmes sont installées à même le sol et ne vendent, pour certaine, seulement, qu’une quinzaine de tomates, ou une quarantaine de poireaux, des poignés de petits pois avec une dizaine d’épis de maïs. Nous nous demandons comment elles arrivent à vivre…
C’est comme à Quito, des femmes ambulantes proposent à la vente que des cotons tiges, ou pour d’autres que des pinces à linge ou du papier toilette, en passant à travers les magasins ou auprès des passants.
Vers 10h, le marché est bondé, il est même assez difficile de se déplacer dans les rangés.
La seule personne qui passe facilement, et un petit homme « boîte à musique », qui joue en même temps de son tambour sur le dos, d’une flûte andine à la bouche et d’une petite boîte sur l’avant, sur laquelle il tape en rythme, accompagnée de sa petite fille, qui timidement, souffle aussi dans sa flûte.
Je l’ai filmé un peu, car cela n’était pas évident avec la foule.
Les bus entiers de touristes sont arrivés, et ils sont facilement reconnaissables, car ils ont tous un panama sur la tête, un caméscope pendu autour du cou (alors que cela est déconseillé, à cause des vols à la tire), rigolent et parlent fort, ne marchandent pas et ne font pas l’effort de parler en espagnol, si ce n’est deux mots, bonjour ou merci…
Nous décidons, de retourner à l’hôtel, pour prendre un petit - déjeuner et en même temps échapper à cela.
Le temps est nuageux avec quelques averses et parfois une éclaircie, du coup la luminosité n’est pas très bonne pour faire des photos.
Nous avons fait un tour dans toutes les petites rues, puis après déjeuner, nous avons fait un dernier tour, lorsque l’agitation s’est calmée, et que les hommes se rassemblent pour boire un verre et que les femmes délaissent leurs étals pour aller discuter avec leurs voisines, pendant que leurs enfants font la sieste sur ou sous les articles en laine proposés.
A 15h, nous avons repris le bus pour Quito, où il a fallu faire la queue pour monter à bord, tellement il y a de monde. Les bus s’enchaînent, partent toutes les dix minutes, et pourtant toujours plein à craqués.
Nous avons eu à la TV, tous les « live »musicaux des années 70 - 80 d’Amérique Latine, et autant chez nous c’était déjà kitch mais alors ici, je ne vous en parle même pas. Il y a même eu Francis Cabrel qui chantait en Espagnol, c’était trop fort.
Le chemin du retour se passe sous la pluie, et nous sommes arrivés à Quito vers 17h30.
Demain, nous partons après déjeuner pour la ville de Baños à 170 km d’ici.
Les photos d´Otavalo sont disponibles sur le site.

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