Nous avons pris un taxi hier soir, afin d’arriver à la gare routière une demie - heure avant l’heure de départ du bus, prévu à 21h. Sauf qu’à l’heure du départ, les passagers du bus préscèdent, (20h30), sont toujours entrain d’embarquer.
C’est un beau bazar de gens et de paquets dans la gare routière de Trujillo. Enfin, vers 21H15, c’est à notre tour d’embarquer. Contrôle des passeports, passage au détecteur de métaux qui ne fonctionne jamais, et pour la première fois (depuis que nous prenons des bus au Pérou), une prise d’empreinte. Le bus est plein mais par contre confortable.
Même si nous n’avons pas pris des sièges inclinables et plus chers, nous sommes plutôt bien. A présent, nous préférons prendre des places moins confort, mais se payer une place de plus pour mettre notre sac sur un siège plutôt qu’en soute. (Nous avons entendu trop d’histoire de vol sur l’équateur).
Nous sommes partis avec 40 minutes de retard, avec un film encore la hauteur de notre désespoir. C’est derniers temps, nous avons toujours des films où le titre se termine par « tor », genre, « l’indestructor », « le materator », « l’exterminator », bref, les titres parlent d’eux même, et hier nous avons eu « Eliminator » …
A minuit, tout le monde dormait, dont un qui ronflait si fort, qu’il m’a poussé à mettre mes boulle - quiès. Je n’ai pas vraiment dormi, un peu inquiète pour le lendemain matin et le passage de la frontière.
Nous sommes arrivés à Tumbes (frontière côté Péruvien), à 7h30 du matin. En descendant du bus, nous nous faisons sauté dessus par des rabatteurs, des taxis et des personnes qui se disent travailler pour l’agence de bus CIFA. (Agence que nous cherchons, car nous savons qu’elle relie Guayaquil). Je me méfie un peu en suivant l’un d’entre eux, pendant deux minutes, puis en le faisant parler, il me dit que le billet coûtera plus cher que prévu, car il y a des manifestations et que la frontière ferme à 12h pour deux jours. Je lui dis que je souhaite vérifier cette information à l’agence même, et il me dit que c’est fermé et qu’il faut se dépêcher.
C’est un peu trop gros et nous laissons ce menteur derrière nous, lorsqu’un moto taxi nous accoste pour la CIFA à nouveau. Il nous dit qu’il faut passer la frontière avec lui, en moto taxi, pour se rendre à l’agence CIFA, du côté Equatorien, car elle n’existe pas côté Péruvien. Pourtant, nous sommes pour ainsi dire sûre qu’il y en a une ici. Même si j’ai peu d’infos, heureusement, j’en ai qu’elles unes de sûres… Et comme ils mentent tous ici depuis notre arrivée.
Je vais voir un policier, qui me confirme qu’il y a bien un bureau CIFA, à 5min d’ici côté Péruvien. Donc, le taxi, nous a aussi menti, et voulait nous emmener à un faux comptoir de visa où nous aurions dû verser des sous à de faux gendarmes ou à des policiers corrompus, alors que l’entrée est gratuite, puis il nous aurait fait payer une longue course en taxi, pour rien, afin de nous larguer je ne sais où un peu plus tard…
Ce sont vraiment des filous. Nous demandons à une passante, ne sachant plus à qui faire confiance, qui nous dit que pour nous rendre à la CIFA, qui se trouve toujours au Pérou, il faut mieux prendre un moto taxi, plutôt que d’y aller à pied, tellement l’endroit est dangereux. Merci madame du conseil, et en 5min, nous sommes déposés devant une agence, qui est bien ouverte, contrairement à ce que l’on nous avait dit.
Nous sommes arrivés juste à temps, il est 7h45, et le bus pour Guayaquil, part à 8h, et ils précisent « Pile », trois fois de suite. Encore, une fois, nous achetons une place pour nos sacs. Le bus est sale et pas vraiment confortable, mais au moins, nous avons réussi à en attraper un, et à éviter de passer une journée et une nuit dans cette ville. Le 8h « pile », ne sert à rien, car nous sommes partis en réalité à 8h30 pile…
Ici, aussi, il y a une prise d’empreinte. 10 minutes après nous nous arrêtons à Aguas Verdes, pour faire tamponner notre passeport. Faire un tampon de sortie prend du temps, les policiers Péruviens ne sont pas très dynamiques, et ils ont d’ailleurs besoin d’être trois pour cela.
Un prend le passeport, juste pour voir si nous avons le formulaire, puis nous le redonne, vient ensuite le deuxième, qui prend le passeport pour le passer dans l’ordinateur de contrôle, et troisième file, pour rencontrer le troisième qui tamponne. Bref, cela a pris 3 quart d’heure. Nous reprenons le bus, et nous passons dans la zone libre, c’est pour ainsi dire déjà l’équateur, avec sa misère, ses routes défoncées et ses stands de bananes à perte de vue.
A 9h40, nous arrivons au poste de frontière Equatorien. Je suis toute émue de poser le pied sur la terre équatorienne, et ma première pensée va à ma grand mère, qui à cette heure là, prend sa « cup of tea », en pensant aussi à moi.
Je redescends vite sur terre, lorsque je vois une foule de personnes assises par terre entrain d’attendre, et les bureaux de l’immigration fermés. Nous apprenons, qu’il n’y a pas d’électricité, et que par conséquent, nous ne pouvons pas faire les démarches de visa. Quelle chance nous avons ! Nous sommes donc bloqués ici, à attendre…
A 10h15, notre bus, nous dit qu’il n’attendra pas, et qu’il va partir avec les Equatoriens, laissant planté là les Péruviens et les Touristes. Tout le monde se plaint, car non seulement l’endroit est dangereux mais de plus, ils n’ont pas le droit d’agir ainsi.
La femme commence à rembourser les billets, disant que ce n’est plus son problème et certains Péruviens, ne pouvant rien changer à la situation, après 10 min de dialogue, nous dise, qu’ils vont faire demi tour au Pérou.
Il y a un autre couple de touristes comme nous, qui ne sait pas trop quoi faire. Nous décidons de faire du forcing en refusant de descendre du bus, afin de l’empêcher de partir sans nous. Quant, tout d’un coup, au milieu des discussions enflammées, je regarde par la fenêtre du bus, et je crie « esta abierta », oui, l’électricité est revenue, juste à temps, nous avons eu de la chance finalement. La foule se jette sur les bureaux, il y a quatres files d’attentes, sous 30° au soleil…
L’attente est longue, d’autant que les policiers traitent d’abord les visas des gens qui donnent un bakchich. De plus, ils prennent leur temps, affalés dans leur fauteuil, discutant en même temps, et parfois, reposant le passeport sur le comptoir le temps de finir la discussion, qui les font rire. Ensuite, ils prennent encore des pauses pour boire un coup, et même se marrer un peu avec leur téléphone portable. Résultat des courses, il faut compter parfois 10min par personne…
C’est incroyable, et avec la chaleur, les gens deviennent de plus en plus nerveux, et de plus, nous avons peur que le courant s’arrête de nouveau. Mais au bout de d’une heure et demie d’attente et de queue, nous obtenons enfin notre tampon d’entrée, il est 11h45. Le bus a attendu, et nous avons repris la route à 12h. Il y a encore un stop à la douane puis un autre stop des militaires, qui nous font tous descendre du bus pour un contrôle des tampons et une fouille aux détecteurs de métaux des locaux.
Voilà, nous sommes en Equateur, et il nous reste 4h de bus et de routes défoncées, pour arriver dans la ville de Guayaquil. Les villages ou les villes que nous voyons sur la route, sont remplis de maisons cassées, inachevées, de taudis ou d’abris de fortune. Vous l’aurez compris, l’équateur est très pauvre. Le paysage se résume à des plantations de bananes à perte de vue, des palmiers et parfois même des sortes de rizières.
Je trouve le trajet long, sans doute parce que nous n’avons ni manger ni dormi, et que nous avons pris un taxi hier soir, puis un bus de 10h, une moto taxi, un autre bus de 6h, sans parler des longues heures d’attentes, et pour finir à notre arrivée à Guayaquil (à 16h), un autre taxi. Guayaquil compte 2 117553 habitants et se trouve être le centre de l’activité commerciale du pays. Plus de la moitié des sociétés nationales y ont leur siège.
Elle commence aussi à remettre en cause la suprématie culturelle de Quito. Selon la légende, Guayaquil serait la contraction des noms Guayas (grand chef puma qui combattit les Incas puis les Espagnols avec bravoure), et Quill, son épouse, qu’il aurait tuée pour lui éviter d’être torturée par les conquistadors avant de se noyer.
Toutefois, plusieurs historiens affirment que le nom de la ville, est la contraction des termes « HUA », la terre, « ILLA », la belle prairie et « QUILCA », un des affluents de la Guyas sur lequel vivait la tribu des Quilca, décimés au XVIIes.
La ville qui était un port et un chantier naval important pour les Espagnols, était sans cesse la cible d’attaques des pirates. Elle fut dévastée par plusieurs feux, dont le grand incendie de 1896, qui rasa plusieurs quartiers.
Guayaquil s’affranchie de la tutelle Espagnol en octobre 1820, et devînt une province indépendante jusqu’à ce que Simon Bolivar, l’annexe à la Gran Columbia en 1822. Quant le rêve unificateur de Bolivar prit fin en 1830, Guayaquil, fut rattaché à la nouvelle république de l’équateur.
Un peu de « Julie géo » pour terminer après la page d’histoire. La république d’Equateur est un pays d’Amérique latine, à l'ouest de l’Amérique du Sud, entouré par le Pérou au sud et la Colombie au nord. Ce pays a fait partie, avec la Colombie, le Venezuela et le Panama de la Grande Colombie. Il occupe une surface de 283 560 km², soit environ la moitié de la surface de la France. Le nom du pays vient de sa position sur l’Equateur. La capitale administrative est Quito. L’équateur est installé sur la Cordillère des Andes qui dresse, sur quelques 600 kilomètres, ses pics et ses volcans aux neiges éternelles, parmi les principaux, citons le Cotopaxi (5 897 mètres), volcan actif le plus haut du monde.
Certains ont appelé l'Equateur " l'Allée des Volcans ".
Nous avons trouvé un hôtel propre et confortable, pas très loin du centre. Par contre la nourriture est un peu grasse et bourrative, les menus sont souvent composés d’une viande (le plus souvent du poulet), accompagné de riz, de frites et de flageolets ou bananes fris. C’est bon pour la ligne, pas un légume…
La ville est assez bruyante ou plutôt vivante. Nous avons été au supermarché pour acheter des fruits. Il y a de tout, c’est dommage que nous n’aillions pas une cuisine. Je me régale des bananes, des fruits de la passion appelé Maracuya, des grenades et si j’avais un frigo, je me serais acheté un melon.
Demain, nous devons acheter un billet de bus pour partir à Cuenca le 25, et ensuite nous irons marcher sur la promenade de bord de mer : « la Malcon 2000 ».
Les dernières photos de Huanchaco sont sur le site, et vous trouverez une carte de notre parcours dans le dossier « Equateur notre itinéraire ».
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