Marchez, en passant du 28 au 29 de marché en marché…
Nous avons quitté Guayaquil et la côte méridional, après avoir loupé le feu d’artifice, qui a eu lieu à l’heure et que nous avons aperçu de loin. Pourtant, les Equatoriens ont la réputation d’être en retard, a t-elle point qu’il y a eu une campagne nationale pour la ponctualité, en 2003. Pour cela, il a été demandé à tout le monde de se réunir à midi, le 1er octobre de cette même année. Il faut dire que dans ce pays, 57% des manifestations publiques commenceraient en retard. Pour représenter cette campagne, ils ont choisi un sportif connu, plutôt que le président de l’époque, Gutierez, connu pour se présenter avec toujours 4h de retard à aux réunions. (D’ailleurs il participa à cette campagne, en y arrivant quelques minutes en retard).
Depuis la ponctualité devient une priorité en Equateur, mais pourquoi au juste ?
Parce que selon une étude, les retards chroniques coûtent plus de 720 millions de dollars par an, ce qui est énorme dans ce pays, où le PNB est de 49,5 milliards de dollars. Les retards du président coûtent 45$ au trésor public à chaque représentation ou réunion. La campagne n’a pas tout résolu, mais a eu un impact, avec pour exemple des séances gouvernementales, ne commençant plus qu’avec une heure de retard. Mais on ne change pas aussi facilement un comportement du jour au lendemain, ce phénomène est plutôt commun à toute l’Amérique latine, et il faut dire que le maître mot de l’attitude est « tranquillo ».
Les bus partent toujours avec un minimum de 15 min de retard, avec des passagers, qui crient « Vamos » (allons-y), au chauffeur, afin de le remuer un peu.
Conclusion, cette campagne a peut-être fait prendre conscience, mais n’a pas fait de miracle, à part les matchs de foot et la messe, si vous venez en voyage en Amérique latine, il vous faudra faire preuve de patience.
Le lendemain, nous avons pris notre bus pour Cuenca, sauf que nos places étaient déjà prises. Ils avaient vendu deux fois les mêmes places (cela arrive souvent…). Ils reprennent nos billets et écrivent d’autres numéros de sièges, en remontant, ces places sont aussi prises. Du coup, excédés, nous nous asseyons sur deux places encore libres, et inscrivons nous - même nos numéros sur nos billets…
Le bus est plein, et nous ne sommes que 4 touristes. Nous préférons voyager de jours, car il arrive qu’il y ait des braquages à main armée, surtout la nuit.
Le bus n’est pas vraiment confortable et sans petit - déjeuner, je trouve le temps long…
Le paysage aux alentours de Guayaquil fait un peu tropical, et lorsque nous commençons à monter en altitude de virage en virage, le paysage change au fur et à mesure, puis il se met à pleuvoir. A un moment, nous ne voyons plus rien car nous sommes dans des nuages épais qui entoure la route qui passe dans la montagne. Et tout d’un coup, le ciel devient bleu, nous sommes beaucoup plus haut en altitude, et nous longeons une mer de nuages, c’est magnifique… Cette mer de nuage va jusqu’à l’horizon, c’est comme – ci, nous roulions au-dessus.
Plus nous nous approchons de Cuenca, plus le paysage ressemble à des scènes d’Heïdi. Des vallées verdoyantes, des cours d’eau, des vaches et des montagnes à l’horizon…
Avant d’arriver, il nous a fallu traverser le parc national de Cajas (parc de randonnées, avec des lacs, se trouvant à 4000 – 4500m d’altitude).
Nous sommes arrivés à Cuenca après un peu plus de 4h de bus, vers 13h30.
Cuenca est la troisième ville d’Equateur et le principal centre urbain de la Sierra du sud. Cuenca compte 417000 habitants et se trouve à 2530m d’alt. Il ne fait pas trop froid, entre 8 et 15° en ce moment.
Les rues étroites sont pavées et l’architecture coloniale bien conservée (arcades, parcs, petites places, et dômes). C’est une charmante ville qui nous rappelle un peu Sucre en Bolivie.
50 ans avant l’arrivée des Espagnols, le puissant Tupac yupanqui, entreprit la construction d’une grande cité, sur le site de l’actuel Cuenca. Elle devait rivaliser avec la splendeur et la grandeur de Cuzco (Pérou), la capitale impériale. Les meilleurs maçons de Cuzco, aida à la réalisation de cette cité, avec des temples de soleil couverts de feuilles d’or.
Ce qu’il advint de cette cité, nommée « tomebamba », reste un mystère.
En 1999, Cuenca, a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
Une fois arrivé, nous avons cherché une guest house. La première était sale et humide, la deuxième était pareille et la troisième était plus propre, mais comme les deux autres, avec des chambres sans fenêtres.
L’après-midi, nous avons flâné dans la ville, afin de mieux s’y repérer, puis nous sommes allés voir une boutique de panama.
Le panama est un chapeau, et Cuenca se trouve être la ville réputée pour sa confection et ses meilleurs chapeliers.
Depuis plus d’un siècle, l’article d’exportation le plus célèbre d’équateur (après les bananes), porte par erreur, le nom d’un autre pays. Pour les Equatorien, un panama est un sombrero de paja toquilla (chapeau de paille souple), et pour le connaisseur, cela se nomme un Montecristi, du nom de la ville la plus renommée pour sa fabrication. Pour la petite histoire, du quiproquo pour son nom, date des années 1800, lorsque les commerçants Espagnols exportaient des chapeaux, via le Panama. Au cours du XIX s., les ouvriers du canal de Panama commencèrent à porter ces chapeaux légers et solides pour se protéger du soleil tropical. Ce phénomène a associé un peu plus ce chapeau Equatorien au Panama.
Ces chapeaux sont fabriqués avec les feuilles fibreuses du palmier toquilla, qui poussent dans les terres humides et vallonnées de la côte centrale, autour notamment de Montecristi.
Tout d’abord, il faut récolter les pousses des palmiers, juste avant que les feuilles ne s’ouvrent, puis elles sont transportées à dos d’ânes ou en camions dans les villages côtiers où l’on prépare les fibres.
Première étape, battre la pousse sur le sol, puis les ouvrir à la main, pour en extraire les longues feuilles, fines et plates. Elles sont ensuite attachées et bouillies pendant 20 minutes et séchées au soleil pendant 3 jours. En séchant, les feuilles rétrécissent et s’enroulent jusqu’à former les fils ronds qui seront tissés ensuite.
Cuenca qui achète ces fils, est aussi un centre de l’industrie chapelière.
Le tissage varie de la maille lâche (pour les chapeaux les plus courants) à la maille serrée « brisa » (pour les plus haut de gamme).
Les chapeaux sont ensuite classés selon la densité du tissage, souvent en 4 catégories, standard, supérieur, fino et superfino. En plaçant un superfino, devant la lumière, il n’y a pas d’interstice. Les plus beaux, ne laissent même pas passer l’eau et sont si souples, que l’on peut les enrouler et les faire passer dans une bague.
Une fois le chapeau tissé, il faut le mettre en forme, le blanchir (pour certains), et les orner d’un ruban. Un superfino, peut coûter entre 100 et 500$, (3 fois moins cher qu’en Europe).
A Cuenca, il y a la petite boutique casa del sombrero du petit papy qui se nomme Alberto Pulla. Il travaille les panamas depuis qu’il est tout jeune, et à présent, il a plus de 80 ans et continue de les réparer et de les vendre.
Nous sommes ensuite allés dans une autre boutique qui fait aussi petit musée. Dedans, ils vous expliquent la confection de ce chapeau et vous montre les appareils ou outils.
Nous sommes rentrés à la guest house, sous la pluie et bien fatigués.
Ce matin, après mangé mes petits sablés achetés la veille appelés « biscocho » et non « biscotto » comme j’ai pu le penser un moment , nous nous sommes rendus vers 8h au marché des fruits et légumes de la Plaza Rotary. Il paraît qu’il est plus animé le jeudi et nous sommes aujourd’hui le 26.
Ce marché a l’air tout petit, sous une hall et aussi à l’extérieur, et pourtant, il abrite beaucoup de stands et d’étales. A cette heure –ci, les femmes cuisinent derrière leurs fourneaux, pour servir des petits déjeuners, aux clients assis face à leur étales et marmites….
Le petit déjeuner est une soupe avec des légumes, de la patates ou du quinoa, ou à la viande, ou pour certain des fèves ou du maïs concassés bouillis (appelé Mote), pour d’autres, ils sont déjà entrain de savourer des abats….
Dans la région de la Sierra où nous sommes, voici les spécialités culinaires observées au marché : les Tamales (divers mélanges de maïs, d’épice et de farces, enveloppées dans des feuilles de maïs, puis cuits à la vapeur). Il y a aussi des petits pains à base de farine, de saindoux, d’œufs et de fromage, appelé Humitas.
Il y a aussi le llapingacho, qui est une tortilla de pomme de terre au fromage souvent accompagnée d’un œuf au plat.
Il y a un large éventail de variété de pomme de terre et pour la plupart minuscules.
Le plat typique et le plus connu de la Sierra, reste le Cuy (cochon d’inde rôti), qui est une spécialité indienne, réputée riche en protéines et faible en cholestérol, qui remonte à l’époque Inca. D’ailleurs Cuenca est renommée pour ses Cuy, rôti entier à la broche.
Ce marché est surprenant et avec une bonne ambiance. Il y a d’énormes cochons entiers appelés « Hornado » rôtis, (plat populaire de la Sierra), qui sont étendus sur des comptoirs. Il y aussi beaucoup d’abats et des poulets qui fument encore.
Il y a des étales de fruits et légumes, ainsi que des bouchers, ou plutôt bouchères…(il n’y a que des femmes…).
Au milieu du marché, et surtout au milieu de la viande qui pend et des fruits et légumes, il y a des vitrines avec une image de jésus ou un saint. Les gens qui passent, s’arrêtent pour mettre une pièce et priez, avec leur panier, au passage entre l’achat de saucisse et une livre de patates douces… C’est très amusant.
Les femmes aux étales sont très souriantes et très gentilles. Elles répondent à toutes mes questions de petite curieuse, et ne nous demandent pas d’argent lorsque nous prenons des photos comme ils peuvent le faire dans beaucoup de pays, et sont très souriantes.
J’ai observé, aussi que les petits pois ou les haricots demis secs, sont vendu déjà épluchés, alors ça c’est top, quant je vois le temps que peut y passer ma grand-mère en France…
Les marmites fument, les gens sont attablés à chaque étale, le nez, dans leur soupe, et vous n’apercevez, plus que des paires de tresses noires et des chapeaux de dos.
En sortant, je me suis achetée des fruits, et j’ai savouré ce moment, qui me rappelle un peu le marché du mardi, dans le Berry avec ma grand-mère.
Nous avons été ensuite, au marché de la Plaza San francisco, où il n’y a pas grand - chose, ce ne doit pas être le bon jour. Il y a des vêtements et des chaussures bons - marchés (beaucoup de copies) et du bric à brac.
Puis nous avons été boire un chocolat chaud. L’équateur en plus de ses plantations de bananes, avait auparavant de grandes exploitations de cacao et de café. Il fut autrefois, un des premiers producteurs mondiaux de cacao de qualité. Les arômes de bananes et des autres fruits tropicaux poussant à proximité, faisait de ce cacao un produit rare. Profitant de l’ombre et de la forêt humide, il y avait des exploitations partout sur la côte.
La concurrence agressive des firmes étrangères et les maladies qui affectèrent les plantes firent régresser le cacao équatorien. Mais depuis 1997, une association Equatorienne, la « Conservacion y Desarollo », tente de sauver cette industrie en faisant renaître des variétés en passe de disparaître ou en introduisant des nouveaux plans plus résistants.
Dans le petit café que nous avons débusqué, il y a une carte très variée, dont le « chocolate de la abuela » (chocolat de la grand mère), chocolat chaud et mozzarella, il y a aussi du chocolat chaud avec de la liqueur de cacao, ou avec des amandes et des noix. Il y a aussi el chocolate espagnol, servit avec un œuf et de la cannelle.
Après cela, nous sommes allés manger un plat traditionnel. Cyril a mangé une assiette où il y avait des bananes fries, avec du riz, des haricots, un œuf au plat, du porc grillé, une saucisse, de l’hâchi de bœuf, du yuca en galette et de l’avocat. J’ai pris la même chose sans l’œuf et les viandes.
L’après-midi, nous avons été au marché aux fleurs sur la Plazoleta del Carmen, où il y a de magnifiques glaïeuls, des oiseaux du paradis et autres fleurs exotiques, ainsi que de magnifiques roses, avec en toile de fond, l’église El Carmen de la asuncion, édifiée en 1682. Nous sommes ensuite remontés par la Plaza Calderon qui abrite un joli parc, dominé par la cathédrale de l’immaculé conception, qui est couverte de magnifiques dômes bleu pâle. L’intérieur est tout en marbre et il y a une statue représentant Jean paul II. Elle fut commencée en 1885, et devait être beaucoup plus haute, mais une erreur de conception, l’a privé de ses clochers, trop lourds pour l’édifice.
De l’autre côté du parc, il y a l’ancienne cathédrale aussi appelé « El Sagrario », blanche et nue, qui fut rénovée en 1985, lors de la venue de Jean paul II. Sa construction commença en 1557, l’année de la fondation de Cuenca. L’expédition de Condamine, l’utilisa en 1739, comme point de triangulation pour mesurer la forme de la terre.
Nous avons ensuite été mangé une bonne glace, l’histoire de fêter mon anniversaire, puis, nous avons longé le rio Tomebamba, où d’anciens bâtiments coloniaux surplombent la rives verdoyante du rio.
On peut dire qu’aujourd’hui, nous avons parcouru pour ainsi dire tout Cuenca, du nord au sud et d’est en ouest. Une fois, rentré, la pluie s’est à nouveau mise à tomber.
Demain, nous ferons le marché de l’artisanat, sur le chemin, je tâcherai de trouver le plus beau panama de Cuenca pour ma mère et nous irons nous renseigner pour les bus, car nous partons le 28 au matin pour Quito.
Les photos de Cuenca sont en lignes.
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