A cheval sur le volcan et le brouillard

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Equateur - Banos
de priscilla, le 15-08-2007

A cheval sur le volcan et le brouillard

Il devait faire beau, sans doute la seule journée de beau temps prévu par la météo sur les 5 cinq jours que nous allons passé ici.
Nous prenons notre petit – déjeuner sous la pluie, et comme la journée commence mal, l’ordinateur que j’utilise pour internet et mettre à jour le site à un problème, ce qui a effacé tout le dossier photo d’équateur.
Super, des heures de travail envolées…
A 9h, Erin nous rejoint pour se rendre à l’agence d’excursion, sans son homme toujours cloué au lit… Ici, en Amérique du sud, cela ne pardonne pas de manger quelque chose d’avarié.
Nous prenons une sorte de jeep, qui n’a pas de fenêtres, ce qui fait qu’avec la pluie nous sommes déjà trempés avant d’arriver, 20 min après sur le site.
Les chevaux que nous apercevons ne paraissent pas très bien entretenus, et pour certain, ils sont maigres et non pas l’air en grande forme.
Nous sommes un peu fâchés après le guide et l’agence, car nous avions justement choisi cette agence, après qu’ils nous aient montré des photos de chevaux en pleine santé et bien entretenu et leur cadre de vie qui paraissait sain. En insistant sur le fait, que les chevaux ne travaillaient que tous les deux jours, pour qu’ils puissent se reposer.
Cela n’a rien à voir du tout, et nous avons envie de refuser, mais nous ne sommes pas seuls et les autres personnes sont ici pour faire l’excursion.
Nous montons sur ces chevaux qui font de la peine, le cœur un peu serré.
Nous commençons à gravir le flanc du volcan. Il y a un tel brouillard, que par moment, nous ne voyons même pas le cheval qui se trouve devant nous.
Il pleut des cordes, et comme nous avons oublié nos kway à Quito, nous sommes vite trempés et frigorifiés, car nous montons en altitude.
J’ai engueulé le guide qui s’est amusé à donner un coup sur les fesses du cheval de Cyril pour qu’il parte au galop.
Heureusement que j’étais à côté pour expliquer à cyril comment il fallait faire pour arrêter le cheval, car le pauvre est parti d’un coup au galop, alors que c’est la première fois qu’il monte à cheval. Je crois que le guide a compris, et l’a laissé le reste de la journée, marcher au pas, ce qui convenait non seulement à Cyril de nature tranquille mais aussi à son cheval, qui n’était pas un nerveux… (Du coup ils se sont très bien entendus, et cyril s’est super bien débrouillé).
Le guide a fait cela avec deux autres personnes inexpérimentées et j’ai vraiment trouvé cela dangereux, certes les chevaux ne sont pas hauts, mais un accident de cheval peut être mortel, de plus la visibilité est très mauvaise.
Après une heure trente de cheval, sans aucune visibilité et sous la pluie, nous nous sommes arrêtés sous deux planches de bois, pour manger un sandwich et faire une pause. Vous verrez l’abri en photo, il vaut le détour, sans parler du climat.
Nous avons attendu 30min, avant de tenter l’ascension du volcan, à pied. Nous ne sommes pas sûre de voir quoique ce soit.
Et pourtant au fur et à mesure de la marche, le temps à l’air de se dégager sur la vallée.
Nous grimpons dans la boue, épaisse, qui engloutie toute la chaussure et le bas du pantalon.
Sur le chemin, nous entendons les grondements du volcan. Il paraît qu’aujourd’hui, l’activité du volcan est plus calme que la veille.
Après 20 min de marche, nous arrivons sur un sol recouvert de cendre, avec tout autour de nous, un paysage de désolation, entre les ravins creusés à cause des coulés de lave, le reste des arbres brûlés depuis la dernière éruption et les pierres grosses comme des rochers, dispersés, après avoir été éjectées du cône lors de la dernière éruption.
Demain, cela fera un an pile, que la dernière grosse éruption a eu lieu. Cela avait rasé tout un village sur le flanc du volcan et brûlé toute la végétation, propulsant des pierres ou des roches énormes sur 40km.
Nous avons été un peu plus haut, et nous ne sommes plus qu’à 2km du cône, ce qui est la distance autorisée, et non plus. Nous distinguons un peu le bord du cratère qui est encore dans le brouillard.
Le volcan gronde tous les jours, et les habitants de Banos et des environs vivent désormais avec, se préparant à l’évacuation en cas d’alerte. Il y a des radars et une alarme, ainsi que des talkie walkie chez de nombreux habitants en cas d’alerte.
La lave se déplace très vite, entre 180 et 200 km/h. Tant que le volcan crache des cendres à une hauteur de 5km, cela n’est pas considéré comme critique ou dangereux, au-delà, cela implique une grosse éruption et des projections, qui une fois retombées sur le sol, avec le choc, enverra des cendres et des pierres plus bas.
Le volcan Tungurahua mesurait 5016 m. avant son réveil et représente le 10éme sommet d’équateur. Il était coiffé d’un cône enneigé avant qu’il change d’aspect, suite aux nombreuses éruptions, et depuis la neige a fondu.
La vallée commence à se dégager de ses nuages et nous donne un aperçu de ce que nous avons monté le matin.
Avant 1999, il été possible de monter au dernier refuge (aujourd’hui détruit), pour l’observer, à 3800 m, à présent, il est vivement recommandé de s’arrêter à 3000m, sauf si vous souhaitez monter plus haut, sachant que cela est déconseillé et très risqué. Il est rare de trouver un guide qui souhaite se rendre plus haut.
Nous sommes redescendu à pied, puis à cheval, sous un joli soleil. La vue sur la vallée, et sur Banos, est splendide, tout comme la vue sur le cratère du volcan, que nous distinguons au loin.
Nous sommes de retour à Banos vers 15h.
Je suis crevée et mon genou qui me fait mal depuis deux semaines a bien souffert avec le cheval (il est boursouflé comme un œuf en descendant de ma monture).
Cyril m’a laissé dans un centre de massage pour 1h30 de bonheur.
Un agréable massage suédois et pour finir un massage aux pierres chaudes. La femme m’a aussi mis un sac de glace sur mon genou pour le faire dégonfler.
En ressortant, je n’ai plus mal dans le bas de mon dos, ni aux épaules. (Douleurs à cause des bus et des sacs accumulés depuis des mois). D’autre part, je suis complètement vidé et relax. Je n’ai qu’une envie, aller me coucher, mais il nous reste les photos d’équateur à télécharger à nouveau, tâche que Cyril a commencé pendant mon massage.
Aujourd’hui, il pleut toujours, donc pas de promenade. Nous avons juste été visiter la Basilique Nuestra Senora de Agua Santa (Notre Dame de l’Eau Sainte). Cette église est dédiée à la Vierge qui aurait accompli plusieurs miracles dans la région.
Elle renferme des tableaux qui illustrent ces épisodes et des légendes, comme l’histoire de cet homme tombé avec son cheval, 70 m plus bas dans le torrent du Rio Pastaza en 1904. En chutant, il a appelé à son secours à la vierge de l’eau sainte et fût miraculeusement sauvé. Il y aussi d’illustrer les miracles lors des éruptions, des accidents de voiture, ou d’incendie d’hôtel…
Des gens viennent se bénir avec l’eau présente dans une petite fontaine, dans la basilique. C’est un peu notre Lourdes.
Nous avons ensuite était à la cascade de la Virgen, près des piscines thermales et des femmes qui battent et lavent leur linge.
Je crois que nous allons écourter d’une journée notre séjour à Banos, car cela est trop frustrant de rester enfermer à regarder la pluie tomber, avec toutes les promenades qu’il y a à faire.
Demain, au programme, piscine thermale près de la cascade, vers 8h pour éviter la foule, puis massage, afin d’être relax pour prendre le bus pour Quito.









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