De l’authenticité salé à la ville « Sucrée »

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Bolivie - D'Uyuni à Sucre
de Priscilla, le 10-06-2007

De l’authenticité salé à la ville « Sucrée »

Buen dia amigos y amigas
Comme je vous l’écrivais dans le carnet préscèdent, et d’après ce que l’on a pu observer à Uyuni et depuis notre arrivée en Bolivie, ce sont les femmes qui font absolument tout. Elles sont bouchers, tiennent les étalages de fruits et légumes, les friperies, portent tout en plus des enfants sur leur dos. Le soir, elles tirent des roulottes, seules, avant de préparer les sandwichs, de faire la vaisselle et le service… Nous avons même observé, plus tard dans la ville de Sucre, que c’étaient aussi elles, qui balayaient et nettoyaient les rues (et pas toute jeune en plus de ça). Il y a pas mal de problème d'alcoolisme ici, phénomène que vous pouvez aussi bien observer chez les chauffeurs de bus (eh! Oui), où à leur ventre !! Conduire est pour ainsi dire le seul travail masculin que j’ai pu observer dans les toutes petites villes, après cela est un peu différent dans les grandes villes. Les séries TV à l’eau de rose, dont les sud américains sont si friands, sont encore plus kitch qu’au Chili ou en Argentine (et il faut pouvoir faire plus kitch). L’épisode, que nous avons vu dans le magasin où nous attendions nos billets de bus, représentait un homme qui avait bu et qui faisait claquer son fouet dans la cuisine devant sa femme. Puis il lui a couru après pour la battre, à coup de fouet ! Ensuite la scène montre la fille qui pleure dans le lit et le type qui s’habille en rigolant. Et là, elle s’est mis à lui jeter des trucs sur lui et à lui cracher dessus… Après nous avons eu nos billets de bus.
Tout cela pour vous donner une idée des sujets de leur « santa barbara ».
Pour en revenir aux femmes Boliviennes, il est difficile de leur donner un âge, elles sont petites, mais bâties et rondelettes. Leurs jupes – jupons cachent plein de petites poches dissimulées avec plein de choses dedans sans parler de tout ce qu’il y a dans leur étole de tissu sur leur dos… En gros, elles promènent toutes leurs maisons. Ces femmes inspirent le respect, tant leur vie est difficile et ne ressemble en rien à une vie de femme. De plus, elles travaillent très vieilles. Dans les grandes villes, comme à Sucre, où nous sommes arrivés depuis deux jours, nous avons pu observer que les enfants travaillent aussi très jeunes, en passant des cireurs de chaussures ou dans les supermarchés, à remplir les sacs en caisse.
Le dimanche matin, où nous avons pris notre bus pour Sucre, c’était le marché dans la rue. Si nous avions su cela, nous serions restés une journée de plus. Il y a des petits stands dissimulés dans la rue, entre vêtements, casseroles, quincaillerie et montagne de fruits et petites tresses noires aux chapeaux-melon au milieu de tout ça. Il y a de la musique et tout le monde est dans la rue.
Nous sommes arrivés à l’agence des bus à 9h30, comme prévu, le bus devant partir à 10H. Il n’est pas là et nous l’attendons. Une chose en ferraille arrive au bout de 30 minutes, c’est notre bus. (voir photo). Les sacs sont chargés sur le toit et bâchés. Le bus n’est pas trop sale dedans, bien moins pire qu’en Inde, mais l’espace est limité pour les jambes. Le bus est parti plein à 10h15. Nous sommes enfermés à l’aide de ficelle, car la porte entre la cabine du chauffeur et le compartiment passager ne tient pas. Du coup, à chaque fois que l’on souhaite sortir du bus, il faut frapper à la porte et que le chauffeur ôte la ficelle…superbe norme de sécurité.
Il n’y a absolument pas de route, c’est une piste de sable qui monte de virage en virage…Nous n’arrêtons pas de monter et ne pouvons rouler qu’entre 20 et maximum 30km/h…Nous ne sommes pas arrivés !
Nous sommes secoués de droite à gauche et il est impossible de fermer l’œil, car il n’y a plus d’amortisseur. Un couple de Français, non loin de nous, ont le mal des transports et de l’altitude, ils sont devenus pâles et tout verts et du coup, nous avons arrêté de discuter, pour qu’ils puissent dormir.
Nous nous sommes arrêtés une première fois, au bout de 20 min, pour que le chauffeur remplisse ses bouteilles d’eau dans la source d’un village. Cyril en a profité pour descendre se dégourdir les jambes, c’est là qu’il a compris pourquoi le chauffeur prenait de l ‘eau, le radiateur du bus fuit, d’autre part, il a repéré que la roue droite avant était à plat !
15 min plus tard, nous prenons une famille au milieu de nulle part, et de plus, le bus est plein à craquer. Du coup, la femme et la fille se sont assises par terre dans le couloir et le mari est resté 4h debout. A 12H30, nous nous arrêtons car, depuis 10 min, nous roulons avec la porte ouverte et le second, du chauffeur qui regarde par la port le pneu droit et qui fait des commentaires au chauffeur sur la situation… Donc opération changement de pneu, avec un de secours encore plus lisse que celui qui est à plat. Nous remontons dans le bus au bout d’un quart d’heure, et nous nous arrêtons à 13H pour prendre 6 passagers supplémentaires, incroyables !
Deux autres s’assoient encore dans le couloir par terre et les trois autres dans la cabine du chauffeur debout et par terre alors qu’il y a déjà le chauffeur et son second.
13H30, stop à nouveau pour prendre de l’eau dans la rivière pour le moteur, même les passagers aide à la corvée, tout le monde participe.
Entre temps, j’ai remarqué que mon sac à dos qui était par terre à mes pieds était trempé d’une espèce de substance liquide et visqueuse collante marron jaune qui traîne sur le sol. Super…
14H10, fumée dans la cabine, drôle de bruit du moteur, le bus ne peut plus avancer subitement, puis tout d’un coup, le moteur s’arrête tout seul. Nous sommes en plein milieu du désert. Dire que nous sommes partis, il y a à peine 4h et que nous avons déjà changé une roue et à présent il y a un problème de joint de culasse et de radiateur, et qu’il nous reste encore 6h de route à faire ! Nous sortons du bus, ne croyant pas trop à la réparation et espérant que s’il parvient à repartir, que nous pourrons changer de bus dans la ville de Potosi où il doit s’arrêter vers 16H.
30 minutes après, nous repartons, avec toujours la radio à fond, au son complètement saturé, c’est abrutissant. Au début, c’était de la musique, puis des discours politiques et pour finir deux heure de foot à la radio « Spectacularrrrrrrrrr Goal ! »
Vraiment c’est dur, nous avions un peu oublié ce qu’était ce type de transport.
Nous sommes arrivés dans la ville de Potosi à 16h. C’est une grande ville avec beaucoup de bâtisses en briques rouges inachevées. Il y a beaucoup d’animation dans les rues, sans doute parce que nous sommes dimanche. Il y a aussi plein de voitures, ce qu’il n’y avait pas à Uyuni. La plus part des voyageurs descendent ici, et nous ne sommes que 5 passagers à continuer sur Sucre. Nous descendons du bus car nous en changeons pour repartir vers 17h. Heureusement, que nous sommes restés dans le coin, pour faire des sandwichs, car à 16h30, ils ont décidé de repartit subitement sans raison. J’ai vite été chercher les trois autres personnes qui était plus loin, près d une roulotte entrain de manger. Sur le chemin, j’ai vu des petites grands mères assisses sur le trottoir, entrain de découper du lama, avec la tête qui était toujours là, à même le sol, sans tissu sans table, le sang coulant partout, et proposant des morceaux à la vente.
Nous voilà reparti dans un nouveau bus qui à l’air en meilleur état. Nous tournons une demie - heure dans la ville pour récupérer d’autres passagers. Et à 16h30, nous prenons la route pour Sucre où nous devrions arriver vers 20h, si tout va bien. La route est goudronnée et bien plus agréable. Mais, nous trouvons vraiment le temps long, de plus Cyril ne va pas fort depuis ce matin, après une nuit de mal au ventre. Au réveil, il se sentait fatigué, les jambes coupées avec un mal de tête. A présent, il est bouillant de fièvre et il est temps que l’on arrive pour qu’il se couche.
Le paysage d’Uyuni à Sucre est terrible, beaucoup de relief, de roches déchiquetées, de dunes de sables, de petites maisons en torchis au milieu de nulle part, et des arbres incroyables vus l’altitude… Entre Uyuni et Potosi, il n’y a quasiment aucun village, et un peu plus entre Potosi et Sucre. Je ne me lasse pas, le paysage Bolivien, depuis notre arrivée sur le territoire, est vraiment saisissant.
Nous sommes enfin arrivés à 20H dans l’immense ville de Sucre, dans les hauts plateaux du centre Bolivien. Cette ville compte 225 000 habitants et se trouve à 2790 mètres. Tous les Boliviens considèrent cette ville comme la plus belle du pays. Ses habitants lui ont trouvé plusieurs surnoms romantiques : « Athènes de l’Amérique », la « Ville aux quatres noms » et « le berceau de la liberté » ou encore la « ville blanche des Amériques ». Cette ville se trouve dans une vallée entourée de montagnes basses. Son climat est doux et nous sommes en Tshirt la journée. En 1991, Sucre a été inscrite au Patrimoine culturel de l’Unesco. Son architecture coloniale est fabuleuse. Bon nombre d’édifices sont d’ailleurs d’époque.
La Paz est la capitale de la Bolivie et non Sucre, confusion due à la répartition des administrations entre ces deux villes. La Paz accueille le siège du pouvoir exécutif et Sucre la Cour suprême.
Nous avons trouvé un hôtel potable, à la chambre un peu humide et au lit dur, et aux sanitaires partagés avec une douche un peu plus chaude qu’à Uyuni.
Oh pourquoi tant de confort… Arrêtez !! nous ne sommes plus habitués à tant de luxe.
Aujourd’hui, le lundi, mission internet pour vous poster les photos, où le premier cyber café a cassé deux de nos clefs usb à cause d’un Virus (incroyable, après tous les pays et cyber café pourris, fait…). Il ne nous reste plus qu’une clef usb, et nous avons dû parcourir 5 cyber avant d’en trouver un potable… On a gagné notre journée.
En fin de journée, nous avons regardé le prix des clefs usb car la dernière que nous avons, a du jeu et ne fonctionne pas très bien. Incroyable, c’est le double du prix par rapport à la France. Alors, nous attendrons la Paz, si elle fonctionne jusque - là.
Ici, il y a beaucoup de voitures et de mini bus collectifs dans les rues, dégageant d’énormes nuages noirs de leur pot. Nous avions oublié ce qu’était la foule et la pollution des grandes villes… D’autre part, ici, il y a plus de personnes habillées à l’occidentale et même de jeune Bolivien adeptes du piercing, se faisant percé assit dans la rue, par une petite mamy habillée à la traditionnelle, sans gants sans hygiène….A voir…
Demain, nous allons visiter la ville, carnet, plan et appareil photo en main…
Les photos de la ville d’Uyuni seront en ligne demain, le 13.

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